Salon des Séries
Tout sur le Salon des Séries TV et Cinéma 2008
Tout sur le Salon des Séries TV et Cinéma 2008
Avec Georges Lautner nous avions eu deux occasions manquées (lors du 5e Salon des séries et lors du colloque consacré à Richard Matheson). La troisième occasion a été la bonne ; elle a été même très bonne. Il faut dire que Georges Lautner ne manque pas une occasion de descendre dans la région niçoise dès qu’il le peut. J’ai eu l’occasion d’avoir Georges Lautner plusieurs fois au bout du fil pour préparer le salon. Il m’y parla de ses soucis. Je n’étais pas préparé à la personnalité qu’allait me faire découvrir ce débat ; et je pense que les trop peu nombreux participants ont été aussi enchantés de la découverte. Les quelques interviews que j’avais vu de Georges Lautner me donnaient l’impression d’un homme aimable, plus sérieux que les films qu’il réalisait, plus effacé aussi. La découverte de films comme « Le septième juré », « La route de Salina », « Mort d’un pourri », « Gallia », « Arrêtez les tambours » ou « La maison assassinée » m’avaient détrompé sur le dernier point. Mais j’étais de ceux qui pensaient que la drôlerie des « Tontons flingueurs » venait avant tout d’Audiard. Le document qui suit démontre tout le contraire. Vous allez voir je crois un Georges Lautner comme vous ne l’avez jamais vu (mis à part peut-être dans l’interview qu’il fit lui-même de Serge Gainsbourg dans l’émission « Entrez dans la confidence » de 1968). Georges Lautner aime bien déconner et la drôlerie de ses films vient bien sûr des interprètes et dialoguistes de ses films, mais avant tout de lui.
Je voudrais bien sûr le remercier pour sa venue au salon, à deux titres. D’abord parce que je suis très honoré quand un grand réalisateur accepte de venir parler au Salon des séries. Et Georges Lautner est un réalisateur reconnu à juste titre pour « Les tontons flingueurs », « Les barbouzes » et « Ne nous fâchons pas », mais il n’est pas encore reconnu comme le grand réalisateur qu’il est. La seconde raison de le remercier c’est qu’il a accepté de venir parler des « Monocle » alors qu’il est plutôt en promotion des « Tontons » et des « Barbouzes » après leur ressortie en salle et en DVD. Beaucoup sans doute vont découvrir l’existence des Monocle en écoutant cet entretien de Georges Lautner. J’espère que cela leur donnera l’envie de regarder les films ; des films qui n’ont rien à envier en drôlerie aux « Barbouzes » et à « Ne nous fâchons pas ». Mais il est vrai qu’aujourd’hui Paul Meurisse est un peu oublié alors qu’on se souvient encore, et comment faire autrement, de Lino Ventura. Alors soyez curieux et regardez les trois Monocle ( »Le monocle noir », « L’oeil du monocle », « Le monocle rit jaune »).
http://serialement-votre.etron.fr/video/salon2009-05.flv
Enfin j’aimerais exprimer ma satisfaction d’avoir fait la connaissance avec Robin Davies, le réalisateur de « J’ai épousé une ombre » avec Nathalie Baye et de « Ce cher Victor » avec Bernard Blier et Jacques Dufilho, qui était venu accompagner Georges Lautner.
Les images sont de Florence Enjalbert.

Michel Wyn et Jacques Nahum
Tout d’abord, comme je l’ai dit dans ce débat, un grand merci à Michel Wyn, qui est un fidèle du salon depuis le début. Présent lors du débat Fantômas en 2006 il est venu présenter son ouvrage « A la santé des frères Lumière » (paru aux éditions Yris) en 2007. Il est revenu donc lors du 6e salon pour les trois Arsène Lupin qu’il a réalisé pour le télévision. Mais surtout il a permis au Salon d’avoir des intervenants d’une grande qualité (c’est-à-dire ayant beaucoup de choses à dire sur les séries parce qu’ayant été au coeur de leur création). C’est lui qui nous a mis en contact avec Philippe Modave (que je remercie également) qui dirigeait la production vénitienne sur le tournage de « Moonraker » ; et c’est Philippe Modave qui me mit en contact avec Jean-Pierre Spiri-Mercanton, le producteur français de Moonraker. C’est grâce enfin à Michel Wyn que le producteur de tous les Arsène Lupin de la télévision française, Jacques Nahum, a accepté de venir parler au salon.
Le débat Arsène Lupin a débuté avec un regret, celui de l’empêchement de dernière minute de François Dunoyer, dernier interprète en titre à la télévision du gentleman cambrioleur (mais nous ne désespérons pas de le faire venir dans une prochaine édition, puisque Philippe Caroit et Georges Lautner qui étaient empêchés en 2007 et 2008 sont finalement venus en 2008 et 2009). Un débat Arsène Lupin sans Arsène Lupin c’est un peu triste ; impossible par exemple de faire une plaisanterie dans la salle du type : « faites attention à vos bijoux et à vos portefeuilles car Arsène Lupin est dans la salle ». Mais le débat nous a apporté une heureuse surprise. Nous ne nous en étions pas aperçu mais Arsène Lupin était dans la salle. 
Vidéo1
http://serialement-votre.etron.fr/video/salon2009-01.flv Arsène Lupin 1Il avait les traits de Jacques Nahum. A n’en pas douter Jacques Nahum est Arsène Lupin tant sa vie est consacrée à ce personnage, tant il est investi par lui. Difficile pour les autres intervenants de rivaliser en lupinerie. Nous avons écouté Jacques Nahum une heure et demie, nous aurions pu l’écouter des heures. A n’en pas douter avec les extraits que nous vous proposons vous ne verrez pas le temps passer.
Vidéo2
http://serialement-votre.etron.fr/video/salon2009-02.flv

Daniel Compère
Je voudrais enfin remercier Daniel Compère, professeur à Paris 3 et le journaliste Jean-Jacques Jelot-Blanc. Le premier m’a fait chaud au coeur car il témoigne de la reconnaissance de la qualité de nos débats par l’Université. Je remercie le second pour sa passion, ses interventions à propos. Jean-Jacques Jelot-Blanc a interviewé tout le monde, connaît tout le monde. Il va mettre à jour son encyclopédie des séries, la première à avoir vu le jour sur le sujet, une bonne nouvelle pour tous les fans.

Jean-Jacques Jelot-Blanc
Les images du débat sont de Christophe Nivelle.

Jean-Pierre Spiri-Mercanton
Le samedi 24 octobre 2009 l’association française « Sérialement vôtre » organisa un débat à Paris au « Salon des séries » au sujet du 11e James Bond, Moonraker.
Moonraker est le seul James Bond produit par la Grande-Bretagne avec la France. Trente ans après la sortie du film le producteur français Jean-Pierre Spiri-Mercanton et l’opérateur français Henri Habans nous ont dit comment la France fut choisie par les producteurs britanniques pour produire Moonraker (sous l’égide des Artistes Associés France) et le cheminement du tournage.

Henri Habans
Tout d’abord la France fut contactée par les Artistes Associés Angleterre pour produire Rien que pour vos yeux. Le film ne nécessitait pas beaucoup de studios. Le projet Rien que pour vos yeux devint rapidement le projet Moonraker à cause du succès surprise de La guerre des étoiles. Cependant à la base la France ne fut pas choisie pour ses studios. Au contraire Eon productions (producteurs des James Bond) durent investir pour rendre les studios français opérationnels (plateaux et ateliers de thermoformage).
http://serialement-votre.etron.fr/video/salon2009-03.flvEn fait Moonraker devait être tourné hors de Grande-Bretagne parce que le nouveau Premier Ministre, Mme Margaret Thatcher, avait taxé les revenus des artistes à 85%. Roger Moore quitta son pays natal pour se rendre en France et en Suisse. Lui et le réalisateur Lewis Gilbert étaient francophiles et suggérèrent à Albert Broccoli (d’Eon productions) de faire le film en France (l’Irlande était aussi envisagée).
Par chance les Artistes Associés France disposaient d’un homme qui avait travaillé récemment sur le film de Fred Zinnemann, « Julia » avec Jane Fonda (disposant d’un gros budget) : Jean-Pierre Spiri-Mercanton. C’était un bon gage d’assurance pour les producteurs britanniques.
Jean-Pierre Spiri-Mercanton réussît à unifier les trois studios parisiens (Boulogne, Billancourt et Epinay) pour rendre le tournage possible et un nouveau studio fut construit à Bry-sur-Marne.
Sur le plateau tout le monde parlait Anglais. Il n’y eut pas de problèmes de communication. Henri Habans dît au « Salon des séries » que le tournage de Moonraker fut la seule fois où il vit les équipes (anglaises et françaises) pleurer au moment de la séparation. Le budget fut dépassé (comme sur tous les Bond) et la dévaluation du dollar le fit monter à 34 M $. Une seule chose française irritait Albert Broccoli, les difficultés des ministères français à accorder les autorisations de tournage.
Enfin Henri Habans se souvint avec émotion de Roger Moore, lorsqu’il aidait les techniciens dans la jungle (il porta un pied de caméra de 35 kg). Il se rappela de la profonde amitié qui liait Albert Broccoli au directeur de la photo français Claude Renoir. Claude Renoir est célèbre pour avoir réalisé la photo de L’espion qui m’aimait, mais son nom n’apparait pas au générique de Moonraker. http://serialement-votre.etron.fr/video/salon2009-04.flvCependant c’est lui qui prépara la photographie du film mais il ne pouvait être présent lors du tournage car il était en train de devenir aveugle.

On Saturday 24th October 2009, a presentation and discussion about the eleventh James Bond film, “Moonraker”, was organized at the “Salon des series” by the French Association “Sérialement vôtre”. « Moonraker” is the only James Bond film to have been co-produced by Great Britain and France. Thirty years after the film was released, the French producer, Jean-Pierre Spiri-Mercanton and the French operator Henri Habans explained to us how the British film industry chose to co-produce “Moonraker” with France (under the auspices of United Artists France) and how filming was organized.
France was initially contacted by United Artists England to produce « For Your Eyes Only ». This film did not require many studios. The “For Your Eyes Only” project rapidly became the “Moonraker” project because of the unexpected success of “Star Wars”. However, France was not chosen for its studios in the first instance. Eon Productions (the producers of the Bond films) were in fact obliged to invest in making the French studios operational by equipping them with sets and thermoforming workshops.
“Moonraker” really had to be shot outside Great Britain because the new Prime Minister, Mrs Margaret Thatcher, was taxing artists’ income at 85%. Roger Moore left his native country to settle in France and Switzerland. Both he and the Director Lewis Gilbert were Francophiles and suggested to Albert Broccoli (of Eon Productions) that the film should be shot in France (although Ireland was also considered).
Fortunately, there was a man available at United Artists France (Jean-Pierre Spiri-Mercanton) who had earlier been working on Fred Zinnemann’s film with Jane Fonda, “Julia”, which had a huge budget. This was a reassuring guarantee for the British producers. Jean-Pierre Spiri-Mercanton succeeded in uniting the three Parisian studios (Boulogne, Billancourt and Epinay) to make filming possible and a new studio was built at Bry-sur-Marne.
Everybody spoke English on the set and there were no communication difficulties. Henri Habans told the audience at the “Salon des series” that filming “Moonraker” was the only time he ever saw film crews (both English and French) shed tears when it was time to say goodbye. They overspent the budget (as for all Bond films) and the dollar’s devaluation caused it to increase to 34 million $. Albert Broccoli was only irritated by one matter related to France and this was the difficulty in obtaining the necessary filming authorizations from the Ministries.
Finally, Henri Habans recalled nostalgically how Roger Moore had helped the technicians in the jungle by carrying the base of a 35 kg camera. He remembered the close friendship between Albert Broccoli and Claude Renoir, the French Director of Photography. Claude Renoir is renowned for his photography in “The Spy who Loved Me” but his name is not included in the credits of “Moonraker”. Nevertheless, he did work on the film’s photography but was unable to be on the set because he was starting to go blind.
Enfin il a eu lieu. Depuis la création du Salon des séries nous nous sommes efforcés de faire une édition annuelle. Il y a eu une édition en 2008 et une à l’extrême fin de 2009. Sur l’éphéméride ça ne fait qu’un an, mais dans la durée il n’y a pas eu de Salon des séries pendant un an et demi. Nous aurions voulu le faire bien plus tôt. Mais les impératifs de calendrier de La maison des mines, où nous avons réalisé nos deux dernières éditions, nous ont obligé à repousser le salon de six mois.
Cette édition 2009 nous a apporté beaucoup de satisfactions, même si elle fut lourde à mettre en place. Nous avons vaincu les frustrations des marchands de produits dérivés et des clubs qui se sentaient isolés ou trop à l’étroit lors des précédentes éditions. Avec une salle supplémentaire le salon a su trouver sa respiration. De même nous avons vaincu bien des frustrations par rapport aux invités attendus : la hantise de voir des débats annulés, car comme tous les salons celui des séries n’échappe pas aux annulations de dernière minute, à laquelle s’ajoutent le souci et le stress de monter un débat de dernière minute, à la hâte, mal préparé ; les regrets bien légitimes de ne pas voir les têtes d’affiches présentes (Georges Lautner et Dominique Paturel en 2008). Tout cela nous a poussé à multiplier le nombre de débats. En lançant six débats nous pouvions espérer en avoir deux ou trois. Nous en avons eu six (en fait cinq, car nous avons eu un changement de dernière minute). Des têtes d’affiches étaient bien présentes, et dans le public celles qui n’étaient pas là ne relevaient pas de la responsabilité de Sérialement Vôtre, qui fait tout pour mettre en rapport les plus grands artistes avec leur public.
Six débats ce n’était pas une mince affaire, et tout le monde au sein de l’équipe de Sérialement Vôtre n’était pas persuadé que pourrions y arriver. D’où la joie au final d’avoir réussi à monter un nouveau salon, plus performant que le précédent.