Moonraker : il y a trente ans (version française)

Jean-Pierre Spiri-Mercanton

Jean-Pierre Spiri-Mercanton

Le samedi 24 octobre 2009 l’association française « Sérialement vôtre » organisa un débat à Paris au « Salon des séries » au sujet du 11e James Bond, Moonraker.

Moonraker est le seul James Bond produit par la Grande-Bretagne avec la France. Trente ans après la sortie du film le producteur français Jean-Pierre Spiri-Mercanton et l’opérateur français Henri Habans nous ont dit comment la France fut choisie par les producteurs britanniques pour produire Moonraker (sous l’égide des Artistes Associés France) et le cheminement du tournage.

Henri Habans

Henri Habans

Tout d’abord la France fut contactée par les Artistes Associés Angleterre pour produire Rien que pour vos yeux. Le film ne nécessitait pas beaucoup de studios. Le projet Rien que pour vos yeux devint rapidement le projet Moonraker à cause du succès surprise de La guerre des étoiles. Cependant à la base la France ne fut pas choisie pour ses studios. Au contraire Eon productions (producteurs des James Bond) durent investir pour rendre les studios français opérationnels (plateaux et ateliers de thermoformage).

http://serialement-votre.etron.fr/video/salon2009-03.flv

En fait Moonraker devait être tourné hors de Grande-Bretagne parce que le nouveau Premier Ministre, Mme Margaret Thatcher, avait taxé les revenus des artistes à 85%. Roger Moore quitta son pays natal pour se rendre en France et en Suisse. Lui et le réalisateur Lewis Gilbert étaient francophiles et suggérèrent à Albert Broccoli (d’Eon productions) de faire le film en France (l’Irlande était aussi envisagée).

Par chance les Artistes Associés France disposaient d’un homme qui avait travaillé récemment sur le film de Fred Zinnemann, « Julia » avec Jane Fonda (disposant d’un gros budget) : Jean-Pierre Spiri-Mercanton. C’était un bon gage d’assurance pour les producteurs britanniques.Moonraker00002

Jean-Pierre Spiri-Mercanton réussît à unifier les trois studios parisiens (Boulogne, Billancourt et Epinay) pour rendre le tournage possible et un nouveau studio fut construit à Bry-sur-Marne.

Sur le plateau tout le monde parlait Anglais. Il n’y eut pas de problèmes de communication. Henri Habans dît au « Salon des séries » que le tournage de Moonraker fut la seule fois où il vit les équipes (anglaises et françaises) pleurer au moment de la séparation. Le budget fut dépassé (comme sur tous les Bond) et la dévaluation du dollar le fit monter à 34 M $. Une seule chose française irritait Albert Broccoli, les difficultés des ministères français à accorder les autorisations de tournage.

Enfin Henri Habans se souvint avec émotion de Roger Moore, lorsqu’il aidait les techniciens dans la jungle (il porta un pied de caméra de 35 kg). Il se rappela de la profonde amitié qui liait Albert Broccoli au directeur de la photo français Claude Renoir. Claude Renoir est célèbre pour avoir réalisé la photo de L’espion qui m’aimait, mais son nom n’apparait pas au générique de Moonraker. http://serialement-votre.etron.fr/video/salon2009-04.flvCependant c’est lui qui prépara la photographie du film mais il ne pouvait être présent lors du tournage car il était en train de devenir aveugle.Moonraker00008

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